La résilience : tout ce que vous devez savoir

Terme à l’origine utilisé en physique pour caractériser « l’énergie absorbée par un corps lors d’une déformation », la résilience fut utilisée dès le début du XXe siècle par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby. Le terme fut ensuite popularisé en France par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik à la fin des années 1990. Bien que ses usages premiers furent psychiatriques, la résilience est désormais utilisée dans le langage commun. Pour mieux comprendre ce qu’elle désigne on fait alors le point sur ses différents sens, ses bienfaits et ses origines.


Qu’est-ce que la résilience ?

            On peut définir la résilience comme la capacité à rebondir face aux défis de la vie et de s’en remettre.

On parle alors d’un processus dynamique, qui peut également être caractérisé par la capacité de s’adapter et de continuer à aller de l’avant.

Il s’agit alors principalement d’un concept défini en termes médicaux, mais on lui connaît aussi un sens commun, désignant le fait de surpasser les épreuves de la vie.


Pour comprendre l’intérêt de la résilience
1.     Le cas du TSPT

            Chercheur en neurosciences, Pierre Gagnepain a créé le programme de recherche « Remember » pour travailler sur le lien entre le stress post-traumatique (TSPT) et la résilience. Pour lui, la capacité à rebondir est intrinsèque à l’aptitude de gestion de la mémoire.

Son point de départ épistémologique est que toutes les personnes vivant un traumatisme ne développent pas nécessairement de TSPT.

Il explique dans son article de « Resilience after trauma: The role of memory suppression » (2020) que l’origine du TSPT est la persistance de certains souvenirs. Cette persistance est due à l’échec de réduction de la peur associée au traumatisme. Cette peur s’explique par un dysfonctionnement de la partie du cerveau qui contrôle la mémoire, empêchant en temps normal la réactivation de souvenirs involontaires. Le sujet subit alors des intrusions psychiques sous formes de flash-backs, lui faisant revivre les souvenirs associés à l’événement traumatique.

L’expérience du TSPT est particulièrement intense et douloureuse, et les flash-backs sont soudains. C’est pourquoi il constitue un handicap au quotidien, provoquant de nombreux troubles, tels que le syndrome d’évitement, des crises d’angoisse, des troubles du sommeil, etc.

2.     Le cas des traumatismes d’enfance

            L’Université d’Harvard a mené une enquête sociologique de 73 ans, permettant d’enquêter 636 hommes sur le long terme.

Les résultats mettent en évidence le fait que les hommes qui ont eu une enfance difficile vieillissent généralement moins bien que ceux qui ont une enfance heureuse. Cependant, selon l’article « Childhood adversity, midlife generativity, and later life well-being » (2014), bien qu’une enfance difficile impacte négativement toute la vie du sujet concerné, il est possible d’inverser cette tendance grâce à la résilience.

En effet, d’après les résultats de l’enquête, la résilience permet de contrer et de neutraliser les dommages, et ainsi de recouvrir une qualité de vie similaire à celle d’un sujet qui a eu une enfance heureuse.


Comment être résilient ?

            Selon Pierre Gagnepain, la résilience est très variable selon les individus. L’origine de son degré de développement se comprend à l’intersection de facteurs biologiques et de facteurs socio-culturels.  

Le développement de la résilience est notamment lié à la qualité des premiers liens d’attachement – survenus durant l’enfance avec la famille -, ou bien encore à des expériences traumatiques précoces que l’enfant a appris à surmonter.

Cette variabilité va influer sur la réaction et la rémission face aux événements traumatiques futurs :

« On peut supposer, bien que cela reste une hypothèse, que les personnes qui [ont une résilience moindre] avant le traumatisme auront plus de mal à en contrer les effets sur la santé mentale. ».


Développer sa résilience

            On ne part donc pas tous de la même base, mais ce n’est pas pour autant que nous sommes condamnés à subir notre degré de résilience.

On dénombre huit paramètres personnels qui sont susceptibles de déclencher le processus de résilience :

  1. La défense et la protection,
  2. L’équilibre face aux tensions,
  3. L’engagement et le défi,
  4. La relance,
  5. L’évaluation,
  6. La signification,
  7. La positivité de soi,
  8. La création.

De plus, après avoir travaillé durant 10 ans sur la résilience pour la NASA, le psychologue clinicien Raphael Rose a pu développer des conseils pour travailler cette capacité : il convient d’affronter les échecs, de se forcer à réessayer, et d’apprendre de ses erreurs. Néanmoins, pour que ce travail soit efficace, il est important d’y aller de façon progressive, et de s’autoriser les échecs, puisqu’ils sont nécessaires à l’apprentissage.


Sources :

  • Charpy, Georges. « Note sur l’essai des métaux à la flexion par choc de barreaux entaillés », Mémoire et comptes rendus de la Société des ingénieurs civils de France, 1901.
  • Landes, S. D., M. Ardelt, G. E. Vaillant et R. J. Waldinger. « Childhood Adversity, Midlife Generativity, and Later Life Well-Being », The Journals of Gerontology Series B: Psychological Sciences and Social Sciences, vol. 69, no6, 1 novembre 2014, p. 942‑52. <https://doi.org/10.1093/geronb/gbu055>,
  • Sarfati, Georges-Elia. Manuel d’Analyse existentielle et de Logothérapie, Paris, Dunod, coll. Psychothérapies, 2018. En ligne au : <https://www.cairn.info/manuel-d-analyse-existentielle-et-de-logotherapie–9782100769247.htm>.

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